mercredi 10 juin 2015
vendredi 24 avril 2015
Le gardien de phare est chat
En hommage à mon Minou -noir,
en hommage à Nougaro et son gardien de phare qui est rond,
en hommage à Christophe Chabouté (toujours des chats !)
et son merveilleux album "Tout seul"
A tous les chats (car je n'en sortirai JAMAIS, m'a dit hier un ami)
qui m'ont fait rêver et que j'attends,
Je vous invite à lire ce petit texte écrit début 2014,
à Saint-Baudille.
Le sujet était le temps...
LE GARDIEN DE PHARE
"A l’heure où il se réveille, la pendule
est déjà bien avancée.
Amnésie du jour passé et journée à venir
à oublier d’avance.
Par la fenêtre, le même soleil, le même
bleu infini, même s’il fait un temps de chien.
Il est devenu ivre du temps, des heures,
saoulé par les vagues, étourdi par les marées, emporté par ses vagues à l
âme : oui, le temps est son assassin.
Jadis, il en était de ce lieu, pour lui,
comme d’une bouée, d’une survie et même de son salut, effaçant les temps
anciens d’errance, de ports en ports.
Le voilà, posant son pied pris dans une
vieille chaussette de laine, sur le sol : à présent, il titube de
souvenirs anciens, de ports, de bateaux et de filles.
Est-il fixé, là, dans son phare ?
Non, il tangue en se dirigeant vers la radio : calme plat, très plat, rien
à signaler à la base. Et ce sera ainsi toute la journée…Et demain ne sera pas
un autre jour.
Ah ! Voilà l’heure du
ravitaillement : l’événement ! C'est donc vendredi, jour où le bateau
accoste et lui laisse matériels et vivres.
Il suit le chemin de planches
humides et bancales l’amenant à l’embarcadère. Surprise ! Le temps
s’arrête ! Il y a là, dans une cage, ce qu’il avait demandé depuis de
longs mois, un compagnon pour ses heures, le protecteur de ses
provisions : un petit chat noir !
Ce jour-là est donc à marquer d’une pierre,
d’un rocher, d’une montagne ! Il baptise aussitôt le chat Marin, Marin qui
transforme ses jours, chasse l’ennui et les souris, se moque du temps et de ses
vilains tourments, vit et saute contre vents et marées.
Le gardien n’a d’yeux que pour son
chaton, il le dessine, le croque et fait fi des signalements maritimes.
Bateaux et thoniers, hors-bords et
yachts se fracassent contre la côte rocheuse…
Mais le chat est toujours là, rentré
dans la légende : le phare a été rebaptisé « Le chat noir ».
Ne l’avez-vous pas visité ?
Certains chuchotent que ce n’est que
diableries…"
| Profondeur et silence de la méditation du chat. |
samedi 21 février 2015
nOUvelle saison-3.OULIPO : qu'es aquo ?
Groupe littéraire le plus ancien du champ contemporain français, l’Oulipo (Ouvroirde littérature potentielle) travaille depuis 1960 à une refondation de la littérature à l’aide de contraintes d’écriture souvent inspirées des structures mathématiques et ludiques.
Groupe d’écrivains (Perec, Roubaud, Caradec,Le Lionnais etc...) qui s’imposent certaines contraintes pour créer leurs œuvres.Parmi les contraintes (voir le site de l'Ouipo : http://oulipo.net) il en est une, inventée par Frédéric Forte : http://oulipo.net/fr/contraintes/99-notes-preparatoires"99 notes préparatoires à...".Elle "se situe entre le poème et l’essai, s’emparant d’un sujet donné et tentant d’en épuiser les potentialités par un jeu polyphonique".J'ai tenté cette écriture.
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99 notes préparatoires à la 99° note sur « c’est
comme ».
Dédiées à K.-
l’oulipien.
1/-99 notes
préparatoires aux 99 notes sur l’expression « c’est comme », c’est
comme se forcer à comprendre, et à comparer sans cesse.
2/-Lorsque l’on
dit « c’est comme », on
pense aussitôt à l’Italie, à son lac de Côme.
3/-« C’est
comme » est une 99° note précédant : « C’est ainsi ».
4/-On dit souvent
« c’est comme », pour des tas de choses, des tas de confusions, parce
qu’on ne sait pas quoi dire ; cette note le démontre.
5/-Avec « c’est comme », la comparaison est
très ouverte.
6/-Observation :
comme prend deux m, comme il y a deux 9
dans 99.
7/-Ceux qui disent
« c’est comme » feraient mieux de tourner 77 fois la langue dans leur
bouche.
8/-La comparaison dans
« c’est comme » est un alibi de divagation dans les 99 notes (ou
plus).
9/-Elle aimait dire
« c’est comme » pour parler de son cousin normand.
10/-« La terre est comme une orange bleue,
Lola » était son livre préféré.
11/-On ne trouvera pas
la « 99° note préparatoire : c’est
comme avec les levures », car l’auteur est décédé et s’est arrêté à la
70°.
12/-Il lui disait
souvent : « vos yeux, c’est comme un paysage choisi ».
13/-A
Caunes-Minervois, c’est comme à Côme, on aime le vin et d’autres
choses, aussi.
14/-Tout le monde peut
dire « c’est comme », sauf ceux, honnêtes, qui ne connaissent pas la
suite.
15/-99 notes
préparatoires « c’est comme », donnent lieu à 99 réponses à… C’est
comme une liste à deux colonnes.
16/-Les 99 notes « c’est comme » ne sont pas comme
celles auxquelles on pense.
17/-Comme, conne,
cotte, colle, …peut-on changer 99 fois ces deux consonnes ?
18/-Il aimait à dire
que « écrire ces 99 notes
préparatoires », c’était comme se plonger dans un livre de cuisine de T.Marx.
19/-Les 99 notes
préparatoires aux 99 notes sur « c’est comme » porteront, en partie,
sur l’inutilité de la comparaison.
20/-Comparer, c’est
comme comparaître.
21/-La comparaison
jaillit, association de pensées souvent illogiques, sans ordre et s’arrêtant
bien avant la lecture des « 99° notes préparatoires à c’est comme ».
22/-La comparaison
« c’est comme » devrait être dada, surréaliste, illogique, lyrique,
fantaisiste, poétique, fantastique, illuminatrice, révélatrice, richissime…ou
pas.
23/-Les "99 notes
préparatoires » c’est comme une introduction ennuyeuse à la poésie de
Rimbaud traduite en albanais.
24/-Le chiffre de 99,
c’est comme 2 x 9 : plus simple.
25/-La comparaison est
toujours une échappatoire, une trahison, une élucubration, une faiblesse non
avouée, une fuite organisée, un surplus inutile.
26/-Comparer, c’est
régner.
27/-Ma mère use aussi
de ce « c’est comme » pour évoquer des tas de personnes inconnues,
habitant à des années lumière et aussitôt oubliées.
28/-C’est comme :
serait-il nécessaire pour perdre son auditoire ?
29/-Dire souvent
« c’est comme » pour les enfants.
30/-La comparaison
sera toutefois courte, circonspecte.
31/-Comparer, c’est
provoquer en duel.
32/-La comparaison est
en quelque sorte mère de tous les vices : aplanir, confondre, mélanger.
33/-La comparaison est
l’ennemi de l’identité nationale.
34/-99° note
préparatoire : la 34°, c’est comme la pause nécessaire.
35/-Que dire du
célèbre « Comparateur d’esprits », inventé par le non moins célèbre
Pancral à la fin du 17°s. (cf. Mémoires de l’Académie des sciences, vol.XCVII,
série B, p.560-601) ?
36/-3+6 font 9, mais pas
99 (notes préparatoires). Voilà un calcul sinon juste, du moins objectif.
37/-Organiser la
comparaison : à travers les siècles, les genres, les courants littéraires
et artistiques, les théories scientifiques…Tel sera le propos de la « 99°
note préparatoire ».
38/-Il ne faut pas
confondre comparer et parader.
39/-Les 99 notes
préparatoires sur c’est comme s’attacheront (en partie) à développer
l’opposition voire la contradiction
entre être et commettre.
40/-La comparaison
limite-t-elle l’existence ? Ou bien, la comparaison ouvre-t-elle à l’inexistence, le néant ?
41/-To be or to compare?
42/-“C’est comme” nous
prend par la main avec son “com-com, patapon”.
43/-Einstein a-t-il
exprimé une théorie relative à c’est comme ? A voir.
44/-J’aime l’idée que « c’est
comme… » adoucit le cours des jours.
45/-Dire au moins 99
fois par jour « c’est comme », et voir l’effet produit. Ne rien présupposer.
46/-99 notes
préparatoires « c’est comme » tous les chemins mènent à Rome (ou à
Côme).
47/-« C’est
comme » est-il une facilité de langage ?
48/-Ces 99 notes
préparatoires sont-elles comme les 99 notes elles-mêmes ? C’est une
question incontournable à présent.
49/-C’est comme permet
de créer quelque chose à partir de l’existant et de faire preuve d’imagination,
lorsque la réalité fait elle-même défaut et glisse sous nos pieds.
50/-Imaginer un objet
ou une situation définis à partir de « 99 x c’est comme ». En 99
lignes.
51/-Comparer, c’est
l’imagination au pouvoir. Mais quel pouvoir ?
52/-Comparer tout et
surtout son contraire.
53/-Ces 99 notes
préparatoires sur « c’est comme » vident le contenu de ces 3 mots.
54/-Il ne sera plus
nécessaire de porter son attention sur cette expression, mais plutôt sur ce qui
suit (si possible).
55/-99 idées de
fioritures dans « c’est comme ».
56/-La comparaison
fondatrice dans mon apprentissage de la lecture avec « Poucet et
l’écureuil » : l’image du point sur le i, c’était comme la lune sur
le clocher de l’église (du village).
57/-Etude
pratique : la Grande Galerie du Louvre (le dimanche de gratuité), c’est
comme le hall de la gare de Montparnasse (les bagages en moins, bien sûr).
58/- Comparer n’est
pas créer, mais plutôt jouer.
59/-L’expression
« c’est comme » est généralement assez peu usité.
60/-Il faudra
déterminer si :
-elle limite la pensée, en
dénotant un faible champ d’investigation et lexical
-ou bien si elle formate une pensée, en conditionnant les associations (ce
qui est sensiblement différent).
61/-Comme c’est
bizarre ! marque l’étonnement et non la comparaison.
62/-Le champ lexical
de comme (à ne pas confondre avec le champ de navets).
63/-Comment,
communauté, communion ou commission n’en font pas partie.
64/-99 pré-notes à
dire 99 fois : « c’est comme », à la fin de chaque note, à la
lecture.
65/-Notons : 99
fois, c’est comme 9 x 11 ou (9 x 9) + 18.
66/-C’est presque
comme 99, à l’envers.
67/-La plupart de
temps, il s’agit d’une expression d’une absolue affirmation, sans
questionnement, sans la place d’un doute.
68/-Les expressions
sont très personnelles. Celle-ci caractérise XXX.
69/-En science
physique, on n’emploie guère « c’est comme » dans une démonstration.
70/-En poésie non
plus ; nul besoin, elle est omniprésente.
71/-L’essentiel n’est
pas comme.
72/-« C’est
comme » : c’est trop con.
73/-On emploie souvent
« c’est comme » ; dire « c’est pas comme » est moins
élégant.
74/-Ne pas confondre
« c’est comme » et ce qu’il ne dit pas, à savoir : « c’est
le même que ».
75/-Comparer n’est pas
égalité, encore moins fraternité.
76/-Question
importante (mais totalement hors propos), l’amour est-il oulipien ?
77/-A y réfléchir
sérieusement, l’expression « c’est comme » n’est pas aussi fréquente
que la simplicité de sa formulation ne le laisse supposer.
78/-Autre question,
tout aussi essentielle : la vie est-elle comme une toile qui s’assombrit
et comme des lettres qui s’emmêlent ?
79/-C’est comme si ma
tante en avait.
80/-Tous contre
« c’est comme », tout contre, comme l’huître lovée sur sa perle.
81/-Comparer, c’est
diviser (ou ôter) dans tous les cas, éroder l’insondable mystère de toutes
choses et des êtres qui les enveloppent.
82/-Vive la vie, les
discussions, les personnes libérées de leurs « c’est comme ».
83/-Ecrire, c’est
révéler et se libérer. Dire, c’est comme
dessécher le suc de cette libération, de cette création pour s’enfermer dans un
jardin surveillé.
84/-A l’inverse, il
est important d’introduire délicatement la notion de « c’est comme »
dans l’écriture et le discours, comme une immense fenêtre ouverte sur le bleu
de la mer infinie, un soir d’août à Cadaquès.
85/-L’exemple tue là
où la comparaison habille.
86/-Les enfants disent
« on dirait que… » en voulant souvent dire « c’est
comme… ». Le jeu de la comparaison…
87/-Je est une autre
comparaison.
88/-Au commencement,
est-ce toujours comme ?
89/-Doublons les
consonnes de comme : conne (facile, celle-là, mais très misogyne), colle,
corde, copte, cocke, codde, corre, corce, cojje, colpe, comse, coppe, colpe,
cowbe, cobce, corbe, codne…etc et trouver l’étymologie.
90/-A l’approche de la
fin des 99 notes sur « c’est comme », c’est comme lorsque le train
rentre brusquement dans le tunnel, que les vitres vibrent d’un coup sec, le
temps de lever le nez de son livre, comme l’oiseau lorsqu’il a bu.
91/-Aura-t-on présenté
l’essentiel de ce que l’on peut extraire de cette banale expression ?
Je ne le crois pas,
c’est comme vouloir essayer de presser une orange jusqu’à la peau : une
part de la pulpe de fruit reste irrémédiablement unie au zeste.
92/-En matière
historique, cette expression révèle la plupart du temps une forte tendance à
l’anachronisme, l’ethnocentrisme, le débilisme.
93/-Se recentrer
procède du mouvement inverse que comparer (surtout se comparer).
94/-De toutes les 99
notes préparatoires, celle que je préfère, c’est la dernière.
95/Si le Chaperon
rouge, faute de marquer son profond étonnement avec force « comme vous
avez… » avait établi des comparaisons sur le Méchant loup, le conte aurait
gagné une dimension poétique, moins brutale, et surtout aurait écarté les
terreurs enfantines.
96/-« C’est
comme » renvoie toujours à une petite échelle personnelle d’infinies
graduations et de nuances seules compréhensibles par celui qui compare, et
encore, pas sur la durée, car cette
échelle, ce réservoir d’échantillons fluctuent, changent et sont régulièrement
effacés de la mémoire, comme les traces sur le sable après la marée.
97/-L’Oulipo est-il
comme un état ‘esprit intemporel, ancien et moderne, celui du rire, de
l’absurde qui irriguent nos vies ?
98/-J’aime à penser à
toutes et tous ceux que j’aime, comme s’ils étaient des animaux.
99/-« C’est
comme » la fin dans un livre ou dans un film. C’est très important, le
dernier mot, la dernière image, mais avec le temps d’autres prennent la place.
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dimanche 25 janvier 2015
Nouvelle saison -2
A présent, la nouveauté sur mon blog sera que ces pages virtuelles seront consacrées à mes propres textes, surtout ceux écrits "sous la contrainte" de Brigitte H.B. (que je remercie pour sa compassion!).
Je poursuis en vous proposant un texte sur un sujet qui me tient à coeur, à l'esprit, à l'horreur, à la révolte.
Il s'agissait d'imaginer qu' "un syndicat d'initiative d'un lieu imaginaire ou improbable essaie d'attirer les touristes(...)."
VOYAGE EN MISERIE
Guide touristique pour haut-fonctionnaires des Nations Unies et autres
assemblées internationales
Pour dignitaires de tous pays, spécialement du Qatar et familles de Dubaï.
Pour vous toutes et tous qui venez à Paris, pour moi.
Votre séjour comportera un passage obligé et très détaillé dans tous les quartiers parisiens et aura pour thème et unique objet : la misère.Vous aurez à cœur de pratiquer ce qui se nomme dans toutes les religions et sagesses du monde : la charité ou l’aumône ou la compassion. Moyennant quoi, vous obtiendrez le commencement de votre salut, et surtout la possibilité de continuer votre voyage, où les portes des plus grands hôtels, des luxueux cabarets, des hauts lieux de la mode et de la fornication mondaine vous seront ouvertes et vers lesquels votre chauffeur saura vous mener, dans des voitures spacieuses aux vitres noires.
Mais en premier lieu, vous vous
munirez d’argent, beaucoup d’argent que vous choisirez de retirer dans un
distributeur intérieur, fermé sur l’extérieur, donc chauffé l’hiver. Ce local
est occupé par deux êtres somnolents sous des couvertures et des habits en
lambeaux, sales, hirsutes, allongés à même le sol. Ils vous demanderont une
petite pièce, que vous donnerez (mais pas plus d’une).
De là, à l’air pur, vous continuerez votre chemin à pied, dans les
« beaux quartiers » et verrez des mendiants, un homme et une
femme, assis à même le trottoir, mal habillés, mal rasés, mal peignés, ne
sollicitant pas le passant, mais montrant devant eux une boîte ou un verre de
plastique vide. Parfois, près d’eux, vous pourrez remarquer une tente, une
cabane en cartons ou un vélo.
Plus loin, le regard perdu, douloureux et inquisiteur d’un homme sans
âge, assis près de la poste, entre le
feu et le distributeur de carnets de timbres, vous interpellera. Il ne
demandera rien mais vous dira, après votre don de quelques pièces jaunes, deux ou trois fois « merci » avec
tant de reconnaissance non feinte que vous en serez presque troublé.
A présent, en route vers un quartier où sont présentes les femmes (non pas
celles qui font ce que l’on a coutume d‘appeler le plus vieux métier du monde,
comme s’il s’agissait d’un métier et de légitimer l’esclavage sexuel). L’une
d’elles vend son maigre travail, étalé sur le trottoir, près d’un cinéma :
chaussons pour bébés tricotés de différentes couleurs, petite veste rose en
tricot ; vous devrez ramener une paire de chaussons.
Cette autre femme, plus jeune, est assise à l’angle de deux grands
boulevards. Elle ne demande rien. Mais vous aurez à cœur de lui donner un peu
de nourriture, et cette fois-ci, des fruits.
Il y a souvent, devant un grand magasin, sur une des grandes avenues les
plus célèbres de cette ville, une femme, une gamine, avec un enfant dans les
bras. On pense qu’elle est amenée là par sa tribu. Elle est vraiment très
jeune, l’enfant dort. Dans ce cas, faites comme vous le voulez, en libre
conscience.
Par contre, la promenade sur les quais vous paraîtra à priori bien
agréable, et éloignée de la foule qui ignore les mendiants. Mais quand vous
passerez sous certains ponts, vous mesurerez à quel point ces abris servent
autant à se soulager de besoins naturels que de lieux pour dormir sur quelques cartons.
Même ceux-ci sont effroyablement sales, vite abandonnés, avec des restes comme
des boîtes en plastique de carottes râpées. La plupart des touristes étrangers,
surtout les dames, passent sous ces ponts en se pinçant le nez.
A quelques mètres, sous le pont des Arts, vous verrez un sans-abri, assis sur un petit pilier qui supportait un banc de pierre, toujours au même endroit, lisant le (même) journal donné dans le métro, visage sans âge derrière des lunettes rondes et noires. Vous pourrez remarquer qu’il fume un bout de gros mégot de cigare ramassé sur le trottoir, ou une cigarette roulée avec des restes. Rien n’est perdu et vous en aurez pour preuve, lorsque vous serez revenu au dessus du pont (neuf, par exemple) la vision de SDF fouillant méthodiquement les poubelles, vidant soigneusement le reste des verres de coca.Au final (et en option), pour ce circuit, vous vous rendrez dans une banlieue (une liste vous sera fournie) pour vous immerger dans un bidonville « moderne ».
Vous devez à ce stade vous poser certaines questions, au moins une fois
pour la vie :
a/-Vivent-ils de leur plein gré dans la saleté, le froid, la faim ?
b/-Pensez-vous qu’ils aient perdu la notion même d’être humain, de relations
sociales ?
c/-Que feriez-vous face à un sans abri qui ne parle plus, qui vit comme une
bête, allongé en position fœtale sur le trottoir, et qui refuse d’être
soigné ?
d/-Que feriez-vous face à quelqu’un que vous voyez lentement, au jour le
jour, se dégrader, se suicider à petit feu ?
Une fois ce passage obligé effectué, rendez-vous chez :Ladurée, Mariage-frères, les Deux Magots, le Procope, le Flore, le
Fouquet’s, la brasserie Lipp, l’Hôtel Georges V, Hermès, Dior, Chanel,
Cartier,la place Vendôme, les Champs Elysées, la rue du Faubourg Saint-Honoré (où
se trouve, ne l’oublions pas, le palais de l’Elysée…).
So nice, so frenchy !
samedi 11 octobre 2014
NOUVELLE SAISON
Une ou deux saisons sont passées, saisons terrestres, et voici que je vous propose, dans mon blog d'écriture, un texte sur : " quatre saisons mensongères et une véridique".
A s'y perdre un peu...
A vous, chère lectrice, cher lecteur, d'y trouver votre fil d'Ariane.
Alors, mettez dans vos haut-parleurs "Echoes"
https://www.youtube.com/watch?v=uJtw7SP0oN4&feature=youtu.be
et lisez ceci :
Mais
c'est de plein fouet, avec une rare violence qu'elle avait ensuite
encaissé, apprivoisé les disparitions brutales et soudaines de
parents proches et d'amis.
Serait-
ce enfin l'ultime? Celle de l'envol ? De la douceur de vivre, du
chant des oiseaux, des reflets verdoyants des champs et de la beauté
des paysages qui l'entouraient?
A s'y perdre un peu...
A vous, chère lectrice, cher lecteur, d'y trouver votre fil d'Ariane.
Alors, mettez dans vos haut-parleurs "Echoes"
https://www.youtube.com/watch?v=uJtw7SP0oN4&feature=youtu.be
et lisez ceci :
Concerto (déconcertant) en quatre saisons et une fugue.
L'été (origine).
Étouffée,
s'étouffer. Le visage de la mère qui rougit, crie, suffoque et le
sien essayant de trouver l'issue, de se détacher.
Sa
mère avait toujours occulté l'instant de sa naissance ; il avait
fallu questionner, enquêter et surtout deviner ; reconstituer le
contexte, l'âge; pourquoi si tard ? Pourquoi entendre parler du
frère et de la sœur en termes si heureux, élogieux ?
L'étrangeté
de cette venue au jour a toujours été tapie au fond de son être
durant des années, et s'est transformée à l'âge de raison en une
conviction : celle d'être fille de châtelains, un jour errant dans
ce lieu, l'abandonnant sans motif dans cette famille paysanne, rustre
et la frustrant à vie de ses nobles origines, pourtant si évidentes.
On
ne lui mentait pas puisqu'elle savait.
Il
s'agissait plutôt là de secrets,
de
l'arrière des choses.
Automne (premier
amour).
Tout
et rien. Comme les vagues de la mer ou la marée montante, sa
première rencontre sur le ferry, avait tout et rien façonné de ses
dernières années d'adolescente.
Recherche
éperdue de l'idéal amoureux incarné dans le regard myope, profond
et troublant du jeune homme brun. Les premiers émois : purs ?
Éblouie ? Pas sur le moment où ils se vivaient juste. Mais ainsi
refaits par les 30 ans de mémoire composée. L'absolu du désir
envahissant, le chagrin de l'éloignement, la vie commune si peu
commune.
Elle
avait longtemps après confronté les souvenirs : la mémoire si
différente, si décalée, les phrases oubliées par l'un, les
retrouvailles ignorées de l'autre. Que restait-il d'eux, des
décennies après? Des bribes du temps reconstituées, jamais
décomposées, souvenirs roulés par les vagues sur les galets de la
plage, face à l'horizon de leurs vies décalées, de leurs êtres
sapés par tant d'années.
Seule
la voix reste intacte.
Ils
s'étaient retrouvés en Normandie, sur cette plage du débarquement,
lui, rentrant de Floride, elle, se rendant à Londres auprès de sa
fille. Était-ce à Deauville ou à Trouville ? Elle ne le savait
plus. Et qu'importe, elle disait « je m'en fiche » car le
temps lui avait joué des tours. Ils s'étaient laissé piéger à ce
voyage, une seule et unique fois.
La
mémoire nous trompe, nous nous mentons à nous-mêmes de façon si
parfaite que nous pouvons ramener brusquement le temps d'hier à
celui d'aujourd'hui ; alors que tout est illusion.
Comment
peut-on arriver à effacer ainsi les jours et les années ?
Hiver (les séparations
et les deuils).
Les
saisons froides de sa vie, éclairée par une faible luciole, une
fine étoile, ont condensé les séparations, les deuils, les jours
gris ou noirs en de multiples gouttes d'eau qui dégoulinent sur la
vitre glacée des douleurs.
Enfant,
les deuils étaient des spectacles respectables, de sa famille autour
d'un aïeul, d'une effervescence solidaire, d'une onde qui venaient
s'abattre sur le groupe familial.
Chaque
fois, il fallait réapprendre la vie, à se réchauffer au feu de
bois lorsqu'il pleut ou que la neige éloigne de tout et étouffe
chaque bruit.
Continuer
de croire, faire semblant ? Elle ne pouvait se leurrer, se mentir,
jouer à. Même si le mensonge tentait de s'immiscer dans ses
sourires ou ses convictions, elle continuait à croire avec force à
la véracité des mirages dans le désert, à la lumière au bout du
tunnel, à l'étoile polaire dans la nuit.
De
nombreux signes s'écrivaient pour elle, désormais indéracinables
comme le chêne auprès duquel elle allait retrouver ses racines et
ses raisons d'être.
Et
les mensonges zélés de son entourage n'atteignaient pas ses
fondements.
Printemps.(La boucle
est bouclée).
Fallait-il
que les saisons rythment sa vie ?
Oui,
c'était cela.
Les
mensonges passés s'effilochaient et la tranquillité lumineuse d'une
vie à moitié accomplie envahissait ses jours.
Un
printemps naturel et spirituel coulait dans ses veines, irriguait ses
membres pour la porter sue les routes de pèlerinage, les chemins,
non pas d'exil mais ceux d'une renaissance.
La
boucle se bouclait : le printemps des origines.
La fin. La fugue.
Faux
! Tout est faux !
Elle
entendit cette voix balayer du haut de son savoir ses quatre saisons,
effacer les pages écrites.
La
vérité ? C'est qu'il y a une autre saison, celle qui efface tout ce
qui précède, celle qui abolit le temps, les serments, les
mensonges, les traîtrises et petites lâchetés quotidiennes, la
douleur, le ressentiment, celle qui érode les pics d'une vie.
Tout
est faux.
Tout
n'est que fadaises en tout genre.
Tout
est illusion.
Le
vernis se craquelle, le monstre sort et l'appelle, celui qui, enfant,
la terrorisait, la gueule ouverte.
Il
ne pourrait à présent ni transformer, ni posséder ce qui la
constituait :
amour,
prières, solitude, calme, le clair détachement de son existence
d'ermite.
Et
là, point de mensonges.
samedi 24 mai 2014
A propos de (belles) ruines
Voici une invitation pour aller visiter mon dernier tableau :
qui vous mettra dans l'ambiance de mon dernier livre "TERRE DE RUINES"
![]() |
| http://www.edilivre.com/terre-de-ruines-1e6f585de0.html#.U4BVTdJ_tlo |
Sur un angle pictural, de matières, de photos, d'encres...
N'ayez pas peur ! Ces ruines sont esthétiques !
mercredi 7 mai 2014
MISCELLANÉES du MOIS de MAI
c'est aussi le moi de Marie
le mois de l'anniversaire de Magali
et le mois des mères.
Pour fêter tout cela,
je vous propose tout d'abord la lecture d'une page de "Terre d'enfance".
Terres maternelles
A
l’adolescence, la terre verte et dure du pâturage, jamais
travaillée m’accueillait, seule, couchée sur le dos, les yeux
dans les étoiles à chercher un Père.
Cette
terre multicolore est comme toi, éternelle, riche en dons, sûre et
protectrice. Elle compose avec le ciel, ses couleurs changeantes et
ses pluies, toute une alchimie, sans cesse renouvelée, pour fournir
plantes et fruits, un long cortège de nourritures terrestres, nourri
de tes labeurs.
Tu
m’as appris l’essentiel des terres au fil des saisons et de leurs
rayures au fil du temps.
Tu
m’as appris le soleil de l’Abondance,
la
confiance dans l’odeur de la pluie sur la terre sèche,
les
couleurs changeantes des bienfaits terrestres et l’éclatante
douceur d’une feuille sur les lèvres.
A
Alice."
A vrai dire, l'origine de ce petit article provient de ma lecture actuelle du "LIVRE de ma MERE"(récit autobiographique, 1954) d'Albert Cohen, merveilleux et bouleversant hymne à sa mère.
Peu de livres ont connu un succès aussi constant que" Le livre de ma mère". Ce livre bouleversant est l'évocation d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils.
Ce livre d'un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour.
"Oui, une simple ma mère.Mais tout ce que j'ai de bon, c'est à elle que je le dois. Et ne pouvant rien faire d'autre pour toi, Maman, je baise ma main qui vient de toi."
« Pleurer sa mère, c’est pleurer son enfance. L’homme veut son enfance, veut la ravoir et s’il aime davantage sa mère à mesure qu’il avance en âge, c’est parce que sa mère, c’est son enfance. J’ai été un enfant, je ne le suis plus et je n’en reviens pas. » (p. 33)
"Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu." (Ch. 29)
"Jamais plus là pour me nourrir, pour me donner vie chaque jour, pour me mettre au monde chaque jour. Jamais plus là pour me tenir compagnie pendant que je me rase ou que je mange, me surveillant, passive mais attentive sentinelle, tâchant de deviner si j'aime vraiment ces louanges aux noix qu'elle m'a préparés. Jamais plus elle ne me dira de manger moins vite. J'adorais être traité en enfant par elle."
"Avec elle seule, j'aurais pu vivre loin du monde. jamais elle ne m'aurait jugé ou critiqué. Jamais elle n'aurait, comme d'autres, pensé : il ne publie plus de livres, ou : il vieillit. Non. Mon fils, se serait-elle dit avec foi.
Eh bien, moi, je t'envoie, les yeux ennoblis par toi, je t'envoie à travers les espaces et les silences, ce même acte de foi, et je te dis gravement : ma Maman."
(Pour plus de citations : http://www.babelio.com/livres/Cohen-Le-Livre-de-ma-mere/3506/citations)
Ecoutez Albert Cohen et son action pour les réfugiés:
http://www.fondationmemoirealbertcohen.org/video/video2.php
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Enfin, voici des perles enfilées par Magali, pour nous parer de sa grâce avec son "Cantique de la patience" et les articles dans la Treizième (sous le nom de Mina Lobata) :
"Ces grains de jour pour le collier de l'âme..."
"Je te regardais avec toute la lumière et l'obscurité que je possède."
"La voix du rossignol, peu avant minuit, fait briller l'obscur."
"(La simplicité du bonheur ne saurait s'ébruiter.)"
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| Mina lobata |
"Pouvoir fleurir deux fois, telle la monnaie-du-pape . Rose au printemps, à l'automne blancheur argentée."
"Un gros bourdon visite les roses trémières. Certaines fleurs dégringolent après son passage, dans un léger froissement de soie."
"Comme l'amour, le frisson de la musique dilate l'âme".
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